:::: MENU ::::

Chronique d’un Bruxellois passager du 10 mars

  • Mar 11 / 2015
  • 0
La Plume

Chronique d’un Bruxellois passager du 10 mars

L’actualité de la semaine passée revisitée par Corentin François.

Lundi
Lundi, comme tous les lundis post-week-end, il faut se remettre. Se remettre de ses cuites et de la courte nuit passée dans les bras de ma blonde qui doit se réveiller tôt pour filer à l’école. Du coup, moi aussi, je me lève alors que le soleil vient à peine de poindre le bout de son rayon, alors que, comme chaque lundi, je n’ai pas cours. Après le traditionnel retour au kot en métro entre les gens qui prennent leur douche le soir uniquement et ceux qui la prennent le matin, entre les pages des journaux gratuits et les croissants, je checke mes mails. Publicité, hoax, publicité, publicité, hoax et… ah tiens, invitation pour la foire du livre.
10 heures, arrivée à Tour & Taxi, juste à temps pour la conférence portant sur les livres jeunesses sur tablette. Une heure de blabla inutile pour arriver à ma conclusion que les jeunes sont des cons et que littérature ne fera plus jamais partie de leur vocabulaire. Je note directement le fruit de ce constat dans ma chronique que t’as sous les yeux maintenant.
Quelques pages de mémoire plus loin, il est déjà temps de filer au cimetière pour en tuer quelques-unes.

 

Mardi
La barre allant de là à là au-dessus des yeux, faut se lever pour aller à un gros rendez-vous important pour le mémoire. C’est systématiquement quand t’es déjà pas large niveau timing qu’il faut que les autres t’emmerdent… Les taximens bouchonnent pour protester contre le nouveau plan de mobilité de la ville de Bruxelles. Ils sont six-cents pour la Police, mille pour les organisateurs, qui a raison, qui a tort, c’est en tout cas beaucoup trop. Quand ce ne sont pas la SNCB ou la STIB, c’est les taximens. En attendant, qui est pris en otage ? Nous. J’arrive essoufflé, énervé au rendez-vous. Rendez-vous qui n’a pas lieu. Journée de brin.

 

Mercredi
On apprend que Bruxelles recule d’une place et se trouve vingt-deuxième au classement des villes où il fait bon vivre dans l’enquête « Quality of living 2015 ». Alors que l’Autriche, la Suisse et l’Allemagne trustent les bonnes places, je me bourre le bide en bouffant un Giant à midi. Le même jour on apprend que les cas de sac-jacking, de braquages sont en recrudescence à Bruxelles. Estimons-nous heureux de n’avoir perdu qu’une place, donc.
Pendant ce temps, ma blonde gagne des places dans le classement des filles chez qui il fait bon vivre. Alliant calme et absence de jalousie exaspérante, elle s’évertue à devenir la femme parfaite pour mon plus grand plaisir. Dimanche, si elle continue d’être sage ainsi, elle aura un cadeau, une babiole matérielle qui leur fait toujours plaisir.

 

Jeudi
Tempête dans un verre d’eau, les quelques étudiants de l’ULB qui avaient pris l’avenue Paul Héger pour terrain de jeu de leur connerie ne seront pas condamnés. Vas-y que je dresse un faux mur pour soutenir la Palestine, c’est bien. Vas-y que j’insulte les juifs qui passent, c’est totalement con. Tout le monde se sert la main et on oublie tout jusqu’à la prochaine fois, quand ce sera plus grave. On en revient à la problématique évoquée lundi, si la jeunesse passait plus de temps dans les bouquins que dans les jeux vidéos ou les films, ça résoudrait pas mal de choses. Utopiste que je suis, j’ouvre un Boris Vian histoire de me détendre.

 

Vendredi
Je tapote rapido ma chronique, torche quelque pages de mémoire, bref je m’occupe intelligemment. Pas loin de là, quelques abrutis essaient de voler la statue en bronze de Tintin dans le quartier du Sablon. Si Bruxelles est réellement vingt-deuxième, que penser du vingt-troisième ? Comment peut-on encore se sentir bien quand la seule nouvelle plutôt réjouissante de la semaine – et encore vous allez voir que quand je dis réjouissant… – est l’ouverture d’un deuxième bar à chats ? Sur ces questions, je repars chez moi pour profiter du week-end. Dimanche, c’est la journée de la femme, faut que j’aille honorer ma mère de ma présence, de toute façon j’ai plus de linge propre dans mon armoire.

Corentin François

Leave a comment