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La Brassicole du Semeur : être bénévole au montage

  • Mar 15 / 2015
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La Plume

La Brassicole du Semeur : être bénévole au montage

Au début de ce mois de mars, on a testé pour vous une expérience plutôt enrichissante : être bénévole à la Brassicole, la semaine de la bière spéciale à l’ULB, organisée par le Semeur. De cette semaine de boulot (et d’amusement), on n’a gardé que de bons souvenirs, condensés ici en ces quelques lignes qui, on l’espère, répondront à toutes vos interrogations concernant ce remue-ménage qu’a été le montage de toute l’infrastructure qui a accueilli des milliards (lol) d’étudiants pendant la semaine de la bière spéciale à l’ULB.

brassicole


Vendredi

Ça y est, la Brassicole est lancée, plus rien ne peut l’arrêter ! Dès 7h du matin, la pelouse du Janson, bien que dépourvue de son gazon verdoyant, est envahie par les bénévoles, armés de motivation et de bonne humeur, de gros pulls et de bottes en caoutchouc. On aurait dit un chantier de l’émission « Tous ensemble » avec Marc Emmanuel : « 3 jours pour installer une Brassicole et aider le Semeur ».

La première journée est plus que chargée : après un rapide petit déjeuner, tout le monde est sollicité pour installer les planches de bois qui serviront de plancher. Ensuite, il a fallu installer les chapiteaux et les bâches. Ça a l’air tellement facile, dit comme ça, et pourtant ce fut long et compliqué. Malgré ça, tout le monde a gardé sa bonne humeur et sa motivation, sans doute grâce à l’excitation due à l’imminence de cette première Brassicole pour certains, ou aux souvenirs des années précédentes pour d’autres. La perspective de passer une bonne semaine a semblé en motiver plus d’un.

En ce qui me concerne, je n’étais pas présente en cette première journée de montage, mais je suis passée voir le résultat en soirée. Je vous avoue que j’étais surprise de l’ampleur du travail accompli : en une journée, toute la structure était montée. Le chapiteau principal, de toute sa hauteur, annonçait dès mon arrivée sur la pelouse la venue d’une semaine très spéciale(s). Impossible de le rater…

> Retrouvez ici la  Vidéo du montage de l’infrastructure.

Samedi

Et c’est avec impatience que j’ai rejoint le chantier dès 7h du matin (ok, bon, faut pas déconner, je suis arrivée à 13h), prête à aider, de toute beauté dans mon vieux pull de TD et mes grosses bottes en caoutchouc.

L’extérieur est déjà posé, mais il y a encore beaucoup de travail à l’intérieur, comme par exemple monter le bar. Aaah, le fameux bar, dont le secret de fabrication est jalousement gardé par le Semeur et ses bénévoles chéris. On a donc dû astucieusement monter le bar, sans même un mode d’emploi. Même Ikea était jaloux.

La suite de la journée a consisté à effectuer les branchements électriques (parfois en rampant dans la boue de manière excessivement sexy), coller des affiches de bières (merci les sponsors) dans le chapiteau principal et trier la réserve (le « Saint Graal », le « Royaume de la Bière », l’ «Endroit où c’qu’on met toute la gnôle »).

Et pour terminer la journée, il a fallu construire deux structures de bois sur lesquelles des graffeurs viendraient dessiner ce qui fera partie du décor derrière le DJ.

C’était pour moi la journée la plus longue, mais la plus drôle aussi. Il faut avouer que j’ai bien rigolé. En tant que bénévole, on se sent assez bien intégré au groupe, et l’ambiance sur le chantier est très bonne. On ne se rend même pas compte qu’on travaille, et pourtant on n’a pas chômé (même si on a fait beaucoup de pauses).

Dimanche

Rebelote ! Rendez-vous sur le chantier à 10h (même si je viens toujours vers 13h parce que je suis une grosse flemmarde). Muni de sa bonne humeur, le gentil bénévole va se rendre utile, aujourd’hui.

Une journée placée sous le signe des poids, lourds de préférence. En troisième position, nous retrouvons les bacs remplis de bières à ranger, en deuxième position les tonnelles à déplacer, et bien sûr en première position le bar de 13 mètres de long à soulever et à déplacer.

brassicole 2

 

En gros, je n’ai pas fait grand-chose, ayant des problèmes de dos. Mais ça ne veut pas dire que je n’avais rien à faire, non ! Il y a toujours du travail, même si on ne sait rien porter et même si on n’y connait rien en branchements électriques. Alors si toi aussi tu veux devenir bénévole, mais tu ne sais absolument rien faire de tes 10 doigts, n’hésite pas ! Tu seras probablement un boulet, mais tu peux venir.

Et bien sûr je ne pouvais pas terminer cette partie sans parler de Matéo Toussaint, le GRH (Gestion des Ressources Humaines) de la Brassicole. Avec ses blagues pas drôles et sa bonne humeur absolument pas communicative, il a su transmettre la passion de la Brassicole à tous les bénévoles dont il s’est très bien occupé. C’est un chic type, un atout non négligeable du Semeur pour motiver les troupes et ramener les sourires sur des visages fatigués. Merci, Papa Matéo ! (C’est lui sur la photo, avec une expression de pure satisfaction).

brassicole 3

 

PS : Je tiens à préciser que la majeure partie de cet article a été rédigée lundi soir, premier jour de Brassicole, et que, je l’avoue entièrement, j’étais bourrée.

PS 2 : Le Semeur dispose de plein d’autres atouts que le GRH, je ne veux pas faire de jaloux. J’ai parlé de Matéo parce qu’en tant que bénévole, c’est une des premières que l’on rencontre (c’est le mec qui te dit bonjour, puis qui te gueule « AU BOULOT » dans l’oreille, très gentiment).

PSG : Je n’ai plus rien à dire, mais j’avais juste envie de faire la blague. Bon, ok, je sors.

 

Mazarine :

Dimanche

Le soleil joue à cache-cache avec les nuages pendant que l’équipe du Semeur et son régiment de bénévoles s’activent. Nous sommes dimanche après-midi. La plupart des chapiteaux sont déjà entièrement montés, et leur construction a déclenché pas mal de « aïe mon dos ! » ou encore des « oh nooooon la boue va niquer mes godasses ! » Mais le plus gros est fait. On peut déjà apercevoir çà et là quelques sourires de satisfaction, ça va être bien, oui ça va être très très bien.

Les étudiants traversent la tente principale de part en part, faisant d’incalculables allers-retours entre la réserve et l’entrée principale. L’ambiance est décontractée, comme s’il fallait respirer un grand coup avant la tempête qui surgira demain. Et en effet, pas moins de vingt-quatre heures plus tard, la tente principale qui paraît si vide pour l’instant, comme un préau d’école abandonné, desservira des centaines d’étudiants, le sourire ou le goulot aux lèvres, la mine heureuse, parce que c’est le premier jour de la Brassicole, et c’est chouette tout de même, on en a pour une semaine de festivités, c’est parti pour un voyage au pays des bières et des rires, on se lèche les babines et on tapote gentiment au niveau du foie, comme pour dire allez mon pote va falloir être fort.

Oui, demain, il fera soleil. Froid, mais soleil. Tout sera encore comme neuf, et les regards se poseront sur les moindres détails de cette fascinante aire de fête en plein centre du campus du Solbosch. On se croira presqu’à un festival. A l’intérieur de la tente, des groupes assis en cercle sur le sol, comme à l’aube d’un concert, une odeur de poussière chaude, des bruissements de feuille qu’on roule et des clac-pshiiiit de bières qu’on ouvre, et des rires, surtout, des rires. Dehors, éparpillés tout autour, des amateurs de bière venus de partout qui profitent de la douceur de cette après-midi pour émoustiller leurs papilles, avant que la nuit tombe, sauvage et séduisante, et que l’endroit se transforme en véritable terrain éthylique ; des étudiants qui viennent se désaltérer entre deux cours ; et les bénévoles et l’équipe du Semeur qui contemplent, stupéfaits, ce qui est leur œuvre d’art.

Mais demain, nous n’y sommes pas encore. On se déplace dehors, sur la plateforme en planches de bois qui servira de carrefour entre l’entrée de la tente principale et les chemins menant aux petits chapiteaux où se dérouleront des activités diverses. Et là, qu’est-ce qu’on trouve ? Des dessinateurs des rues et des rêves, les vêtements emplis de peinture, qui s’attardent sur deux grandes planches de bois contre lesquelles ils ont pschiiiité toute l’après-midi avec leurs bombes de peinture de toutes les couleurs. Le travail n’est pas encore terminé, et c’est déjà très beau. Sur la première, un zèbre, représentant la ville de Charleroi, souriant derrière une table de mixage, le casque sur les oreilles, une bière à la main – évidemment. Sur la seconde, un paysage féerique, une sorte de rivière enchantée qui s’enroule autour d’un triangle blanc. Bientôt, ce triangle arborera les lettres du Semeur et le tableau sera exposé juste derrière la scène. Bientôt, des centaines de têtes se déchaîneront sous les basses des concerts technos. Bientôt, une flopée de mains se lèvera, en rythme avec les mots des rappeurs, et le tableau magique s’illuminera de toutes les couleurs.

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Les bancs ne sont pas encore défaits. Ils sont entassés sur le sol, et bientôt ils se déploieront ; plus tard, ils seront réchauffés par une foulée de paires de fesses qui viendront y trouver une petite pause de vie. Mais il y en aura beaucoup, des assoiffés. Si bien que se frayer un chemin à travers les bancs deviendra vite un grand périple. Mais on s’en fiche. Nous sommes beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup à vouloir faire la fête, et ça fait beaucoup, beaucoup, beaucoup plaisir. D’accord, ça se pousse et ça se compresse dans tous les sens, surtout en-dessous de la tente, derrière le bar. Mais nous ne sommes pas pressés ! Arrivés au bar, on se prend direct deux tournées, ça devient une habitude. Puis on replonge dans la foule, pardon à gauche, pardon à droite, et en deux temps trois coups de coude, nous voilà dehors, c’est toute la communauté estudiantine qui respire fort dans la nuit, c’est vivant, c’est violent, c’est la Brassicole.

Attention, chaud devant, l’échelle qui servait tout à l’heure à mettre en place les néons et les spots de lumière se dirige maintenant vers la gigantesque arcade métallique qui servira d’entrée principale. On doit y accrocher une affiche monumentale arborant les mots de bienvenue des Carolos de l’ULB. Deux bénévoles grimpent sur chaque pilier de l’arcade, un troisième sur l’échelle placée au centre et ça y est, après quelques vacillements, la banderole sous laquelle des milliers d’étudiants viendront et partiront a pris sa place, et on a presque l’impression qu’elle rigole déjà. Parce qu’elle va en avoir plein les yeux et elle le sait bien, c’est chaque année pareil. Sous elle défilera un cortège d’étudiants impayable, complètement rocambolesque, parce que la bière ça dépollue les émotions tout doucement, petit à petit, ça s’imprègne sur chaque parcelle du corps qui tout à coup se retrouve envoûté, et ça y est, c’est trop tard, on est complètement saoul et on fait n’importe quoi, n’importe quoi tous ensemble, alors vous imaginez le spectacle que ça doit donner vu d’en haut, ça doit être un beau tableau tout désordonné et tout coulant, ça doit être très beau et très incompréhensible.

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En fait, pendant la semaine de la Brassicole, il n’y a pas grand-chose à comprendre, si ce n’est que c’est la bonne occasion de laisser onduler la part d’imbécillité heureuse qui est en nous sans déranger ni personne ni les convenances – ces dernières se sont fait la malle depuis le début des festivités. Il n’y a rien à comprendre, si ce n’est que c’est le bon moment pour se laisser compromettre par des bières inconnues et savourer l’inattendu.

Mais retournons à l’intérieur, car il est temps de déplacer le bar. Il est constitué d’une ribambelle de packs de bière attachés les uns aux autres par ce qui sert parfois de menotte aux policiers sans le sou, et il siège là comme le prince de la semaine, au beau milieu de la salle. Le but est de lui faire faire une rotation de 90 degrés, et c’est pas gagné. Il faut que tous soient coordonnés pour le lever en même temps, un, deux, trois, c’est parti, vous reculez, nous on avance, attention au milieu, vous êtes trop lents par ici, plus vite là-bas, stoooooop on le redescend, attention aux pieds ! Après un joli quart d’heure à gesticuler comme des petites fourmis déplaçant une gigantesque miette de pain, le bar est enfin à sa place. Maintenant, il va falloir déplacer toutes les bières de la réserve et les positionner de la façon la moins contrariante, mais c’est assez fastidieux.

Voilà. Le soleil s’est couché, et la Brassicole s’apprête à déployer ses vapeurs de malt, pendant cinq journées et cinq nuits en folie.

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Vos dévouées Mazarine et Anna.

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