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  • Mar 01 / 2015
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La Plume

Progrès technique ou dérive prolifique ?

Alors qu’au Japon un robot infirmier vient d’être finalisé (répondant au doux prénom de Robear), qu’un peu partout en Europe et aux États-Unis sont mis au point des drones ou divers robots permettant de faire des guerres modernes des effusions de boulons et de micro-processeurs, il est légitime de se poser la question des éventuelles dérives. Jusqu’où la technologie nous servira ? Quand débutera-t-elle à nous desservir en nous asservissant ? N’a-t-elle pas déjà commencé ?


La frayeur la plus commune lorsqu’est évoquée cette hypothèse de robots-employés est de prendre peur pour notre place dans la société. En effet, à l’heure où l’industrialisation à assassiné pléthore de nos professions, ne doit-on pas craindre que la technologie prenne le pas sur notre savoir-faire ? Que nous restera-t-il à nous en tant qu’être humains lorsque les voitures autonomes deviendront notre quotidien ? Lorsqu’il nous suffira de cliquer sur un bouton pour nous faire imprimer notre maison ? Jusqu’où laisserons-nous la facilité nous séduire et prendre le pas sur notre Humanité ?

 

Finirons nous enfermés dans nos prisons dorés, vivant notre vie par procuration, préférant ressentir les frissons grisants des joies de l’existence par écrans interposés ? Une chose est sûre : la technologie ne s’arrêtera jamais de progresser ; pire encore, elle se développe de façon exponentielle. Nous n’avons de cesse d’avancer, la question est de savoir vers quoi nous le faisons.

 

Selon l’agencement actuel de la société, il est certain que l’avènement technologique effraye car il ne faut pas se questionner très longuement avant de deviner à qui profitera le plus ces nouveaux investissements. Certes, les robots pourront s’acquitter des tâches ingrates et à priori rebutantes permettant aux quidams de jouir de plus de temps libre, une avancée assurée dans l’épanouissement de la vie personnelle de tout un chacun, mais qu’en est-il des bénéfices réalisés par les robots qui produiront plus sûrs, plus net et plus rapidement ? Seuls les grands industriels ont le capital pour investir dans ces nouvelles technologies, donc eux seuls en tireront les avantages monétaires conséquents.

 

Ainsi, c’est ici que nous sommes en droit de prendre peur : alors que le hiatus entre les plus aisés et les plus lésés ne cesse de croître, les nouvelles ressources technologiques permettront l’avènement irrémédiable de la classe sociale la plus élevée. J’ai bien peur que nous sombrions dans une technocratie oligarchique car cette facette sociétale étant récente et en plein développement, il n’y a pour l’instant, aucune législation ou réglementation permettant de poser les bases d’une avancée totalement démocratique et plurale. Ce sont donc les investisseurs qui vont rentabiliser leurs capitaux déjà bien assez conséquents.

 

Pour l’instant, nous n’en sommes qu’aux prémisses de cette nouvelle ère du robotique, il est donc encore temps de se questionner sur l’éthique de cette nouvelle facette de notre civilisation : la robotique consiste-t-elle à améliorer la vie de l’Homme ? Dans ce cas, à qui appartient-t-elle ? A qui doit-elle bénéficier ? Doit-elle être publique ou privée ? Encore une fois, les possibilités intellectuelles et techniques de l’Homme sont infinies, reste à savoir si notre conscience et notre bon sens suivra, pour une fois, le même chemin.

Cyril Wintjens